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Diogène de Sinope

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 Pastiches

 

 Le poivrot (Polernaz)

- Le Pélican (A. de Musset)

La cocaille (Polernaz)

- Il était sur  son char(Phèdre/Racine)

Le quignon (Polernaz)

- LeGuignon (Baudelaire)

Pot-au-feu (Polernaz)

 -  Lorsque sous la rafale (Moréas)

 Bernard et Irma (Polernaz)

 -  Caligula IIIème chant(de Nerval)

Laissez-moi dormir(Polernaz)

 -  Vous çetes mort un soir(de Noailles)

Né en avril(Polernaz)

 -  Veillée d'avril(Laforgue)

Nature Morte (Polernaz)

- Sur un portrait du Dante (Nelligan)

Maladie d'amour (Polernaz)

- Quand quelquefois je pense (Desportes)

 Mâle du pays (Polernaz)

- Heureux qui comme Ulysse (Du Bellay)

Dive bouteille (Polernaz)

- Hier au soir (Victor Hugo)

Chanson bretonne(Polernaz)

- Chanson d'automne (Verlaine)

Ninon...que nenni !(Polernaz)

- A Ninon(Lhuillier-Chapelle)

La belle... lessiveuse (Polernaz) ...gueuse (Tristan L'Hermite)

-Le trou...balourd(Polernaz)

Le troubadour (Germain Nouveau)

Vidange(Polernaz)

Vendanges (José-Maria de Heredia)

-Double naugrage (Polernaz)

Je m'embarque (de Vermeil)

 

Codicilles 

 

Odile (J. Cocteau) Additif-Polernaz

Théo (Edouard Guy) Coda-Polernaz

 


 

 

 

 

 

Epistelectronique Collectif

 

 

 Annick Meynier 

 

Odile

Pastiche

Théo

Le Pélican                      

 ...

Lorsque le pélican, lassé d'un long voyage,
Dans les brouillards du soir retourne à ses roseaux,
Ses petits affamés courent sur le rivage
En le voyant au loin s'abattre sur les eaux.
Déjà, croyant saisir et partager leur proie,
Ils courent à leur père avec des cris de joie
En secouant leurs becs sur leurs goitres hideux.
Lui, gagnant à pas lents une roche élevée,
De son aile pendante abritant sa couvée,
Pêcheur mélancolique, il regarde les cieux.
Le sang coule à longs flots de sa poitrine ouverte;
En vain il a des mers fouillé la profondeur;
L'Océan était vide et la plage déserte;
Pour toute nourriture il apporte son cœur.
Sombre et silencieux, étendu sur la pierre
Partageant à ses fils ses entrailles de père,
Dans son amour sublime il berce sa douleur,
Et, regardant couler sa sanglante mamelle,
Sur son festin de mort il s'affaisse et chancelle,
Ivre de volupté, de tendresse et d'horreur.

Mais parfois, au milieu du divin sacrifice,
Fatigué de mourir dans un trop long supplice,
Il craint que ses enfants ne le laissent vivant,
Alors il se soulève, ouvre son aile au vent,
Et, se frappant le cœur avec un cri sauvage,
Il pousse dans la nuit un si funèbre adieu,
Que les oiseaux des mers désertent le rivage,
Et que le voyageur attardé sur la plage,
Sentant passer la mort, se recommande à Dieu.

 Poète, c'est ainsi que font les grands poètes.
Ils laissent s'égayer ceux qui vivent un temps;
Mais les festins humains qu'ils servent à leurs fêtes
Ressemblent la plupart à ceux des pélicans.
Quand ils parlent ainsi d'espérances trompées,
De tristesse et d'oubli, d'amour et de malheur,
Ce n'est pas un concert à dilater le cœur.
Leurs déclamations sont comme des épées:
Elles tracent dans l'air un cercle éblouissant,
Mais il y pend toujours quelque goutte de sang.

-- Alfred de Musset. Le Pélican.

  Le Poivrot      

 dit par Gilles-Claude Thériault

 ...

Lorsque le vieux poivrot lassé d'un long cuvage,

Dans le brouillard du vin retourne à son hameau,

Sa mégère en colère court sur le pavage

En le voyant, au loin, embrasser un poteau.

Déjà croyant saisir et corriger sa proie,

Ell' court à son balai toute pleine de joie

A l'idée d'assommer son ivrogne hideux.

Lui, s'agrippant d'un bras à la borne trouvée,

Brusquement restitue au trottoir sa cuvée.

Poivrot mélancolique il regarde les cieux;

Le vin coule à longs flots de ses lèvres entr'ouvertes;

Il a de maints bistrots sondé les profondeurs,

Laissant le cellier vide et la cave déserte,

Dans sa cuite sublime il berce sa rancœur ;

Et regardant couler le vin sur sa flanelle

Dans un nappe écarlate, il s'affaisse et chancelle,

Ivre de volupté, de pinard, de bonheur.

Ayant au grand Bacchus offert ce sacrifice,

Fatigué malgré tout de ce sombre supplice,

Il craint qu'un flic ne vienne et le mette au violon;

Alors il se soulève et se remet d'aplomb.

Se frappant la poitrine, hurlant une menace,

Il adresse au poteau un si funèbre adieu

Que les chats effrayés s'enfuient dans une impasse,

Que la vieille bigote attardée sur la place

Devinant le poivrot s'écarte de ses lieux.

   

 

Et c'est ainsi toujours qu'agit notre poivrot,

Il laisse s'ennuyer ceux qui boivent de l'eau,

Restitue son trop plein, morne et triste boulot,

Se relève en tanguant et retourne au bistrot.

    

 

 ... Frédo la Musette. Le Poivrot.

 

 

Dande Andre

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