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Déjà
sonnent huit heures
Et
il fait encor nuit
La
bourrasque en fureur
Se
décharge de pluie.
Le
vent souffle en rafales,
Siffle
sous les auvents
Et
gémit sur les dalles
Où
s'en vont les vivants.
Le
vent hurle, soupire
Dans
les bras décharnés
Des
arbres, et déchire
Les
grands joncs inclinés.
Et
de sombres nuages
Roulent
à l'horizon,
De
rivage en rivage
Jusqu'au
septentrion.
Sous
le ciel en courroux,
Ils
courrent en désordre,
Désemparés
et fous,
Ils
s'éloignent en hordes.
Dans
l'abîme écumant,
Perdu,
seul et fragile,
Sur
le rocher fumant :
Brise-lames
des îles,
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Le
navire un moment
Suspendu,
immobile,
Précipite,
dément,
Accourant
au péril;
Et
la vague rejète,
Blancs
de givre et de bave,
Sur
la plage déserte,
Les
débris de l'épave.
La
tempête suspend,
A
ce triste naufrage,
Sa
fureur, un instant,
Puis
redouble de rage;
Eléments
déchaînés,
Flots
sur flots se chevauchent
En
coursiers effreinés
Sur
le sable et la roche.
Et
gouffres éffrayants,
Ecueils
armés de dents,
Abîmes
effarants
Se
ferment en grondant,
Emportant
sans savoir
Dans
leurs griffes immondes
La
douce paix du soir,
L'immense
paix du monde.
Alfa
1961
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