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" Je sais plus de mathématique Que tu ne connais de musique ", Disait un
jour un musicien A un grand mathématicien. " Car en tout lieu on trouve
nombres, Chiffres, calcul, géométrie, On a beau changer de patrie
; Partout Euclide étend son ombre. Mais pour ce qui est de
comprendre L'art et la manière des sons De ceux qui écoutent
chansons Peu sont aptes à s'y entendre. " On jugera
sévèrement, Peut-être, un tel raisonnement, Mais avouez que par le
monde, Si l'on gave si bien les ondes De variétés et de
musiques, Souvent manque la qualité.
Tandis que la mathématique, Pour
convaincre les patentés, Se doit d'être bien formulée, Bien démontrée en
belles lettres Pour que science soit émulée Des règles que l'on doit
connaître.
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La quantité n'est pas en cause Mais si de l'art
mathématique Les vrais amoureux seuls disposent, Le médiocre règne en
musique. Tout s'y justifie par l'argent : Les chanteurs ont peu de
scrupules A baver à l'ouïe des gens Les textes les plus ridicules. Les
lieux-communs ne le contestent Qu'aux plus ineptes pataquès Afin d'emplir
le tiroir-caisse De truands les plus immodestes. Pauvre Rimbaud, pauvre
Ferré ! A vos oeuvres sont préférés Les textes les plus mal pensés Et
la rime la plus forcée. A jouer les mêmes accords Et les mêmes notes
encore, N'osez prétendre, vous, fumistes ! Après être tombés
d'accord Pour vendre la m . . . . à prix d'or, Au délicieux nom
d'artistes.
R. V. 2000
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